HISTOIRE DES OBJETS
Le tarot ne naît pas comme un manuel de prédiction. Son usage divinatoire se construit par couches, au fil des imprimeurs, cartomanciens et lecteurs.
Les cartes à jouer arrivent en Occident au XIVe siècle et se diversifient ensuite en nombreux jeux. La BnF conserve près de 3 000 ensembles de cartes, dont des tarots, oracles et jeux de cartomancie. Ces objets racontent une histoire matérielle : bois gravé, pochoir, étiquettes et livrets.
La cartomancie devient florissante à partir du XVIIIe siècle. Des jeux plus anciens sont remployés, annotés ou spécialement conçus pour la divination.
Du jeu à l’interprétation
Un tarot peut circuler comme jeu avant d’être investi d’un usage divinatoire. Une notice de la BnF décrit ainsi un tarot révolutionnaire de la fin du XVIIIe siècle remployé pour la cartomancie, chaque carte recevant une étiquette d’interprétation.
Le sens n’est donc pas seulement contenu dans l’image : il est ajouté par la pratique, le texte et la transmission.
Etteilla et la spécialisation divinatoire
Jean-Baptiste Alliette, dit Etteilla, occupe une place importante dans la formalisation de jeux conçus ou réorganisés pour la cartomancie. Les collections conservent des éditions du « Grand Etteilla », parfois appelé tarot égyptien.
Le nom commercial, l’imaginaire historique et la méthode de tirage se combinent déjà.
Mademoiselle Lenormand, une postérité imprimée
La figure de Marie-Anne Lenormand nourrit au XIXe siècle des jeux et des publications qui prolongent son nom. Le « Grand jeu de société de Mlle Lenormand » conservé par la BnF témoigne de cette transformation d’une réputation en objet éditorial.
Le phénomène rappelle les marques contemporaines : le nom du praticien devient une promesse de méthode.
Un langage sans dictionnaire unique
Les significations varient selon le jeu, l’école et la question. Une même carte peut être lue comme événement, état émotionnel ou conseil. Cette souplesse explique la longévité du support et limite toute prétention à une traduction universelle.
Étudier le tarot comme objet culturel n’oblige ni à croire ni à ridiculiser ceux qui l’utilisent.
Sources patrimoniales
- BnF : « Etteilla ou instruction sur l’art de tirer les cartes », édition de 1770.
- BnF : notice du « Grand Etteilla », jeu de 78 cartes.
Notices consultées le 21 août 2026.
Olivier Voyance distingue les faits vérifiables, les déclarations professionnelles et les croyances. La voyance n’est pas une science exacte ; ce média n’évalue pas la réalité d’un don et ne garantit aucune prédiction.